Répandre le plaisir du partage
Virginie Lavilliers
Virginie Lavilliers

Virginie Lavilliers – C’est le plus itinérant de nos musiciens hexagonaux. Posant ses valises dans les pays qu’il aime, Bernard Lavilliers s’éprend de la culture et partage ses impressions avec le lecteur. Stéphanois a un faible pour les cultures sud-américaines et africaines avec lesquelles il osmose souvent (pensez : serto, Trenchtown, chaleur, humidité, et “Stand the ghetto”).

Lavilliers n’a pas attendu l’effet de mode pour donner à son rock une saveur world music. Biographie : Il est né le 7 octobre 1946 à Saint-Étienne, France. Son père a riposté pendant la Seconde Guerre mondiale et travaille maintenant dans une usine d’armes locale. Sa mère est enseignante dans une école.

La famille traverse une période difficile pendant qu’elle reconstruit sa maison et Bernard, l’enfant malnutri, a des problèmes de santé. À l’âge de sept ans, on lui diagnostique un asthme bronchique. Parce qu’ils n’ont pas les moyens d’envoyer leur enfant malade dans un sanatorium, les parents de l’enfant déménagent à la campagne.

Bernard Lavilliers n’entre dans les bidonvilles HLM de Saint-Étienne qu’à l’âge de 12 ans. Il y passa sa vie jusqu’à l’âge de vingt-neuf ans. Dans ses temps libres, il fréquente occasionnellement le lycée et a servi un an dans une “maison de redressement” (un centre de détention pour mineurs). Depuis l’âge de 13 ans, il s’entraîne à la boxe et a même participé à de petits combats.

Il est désormais tiraillé entre les carrières de boxeur professionnel et d’humoriste, qui lui permettraient d’exprimer son mécontentement envers la société. Malgré cela, il signe un contrat avec son père en 1962 et devient ouvrier métallurgiste. En conséquence, il devient un travailleur P3 et vit jusqu’en 1965.

Pendant ce temps, il compose ses premières chansons et enchaîne les performances à petit budget à Saint-Etienne et ses environs. Pour s’éloigner de son avenir sombre et de son environnement, il se rend au Brésil, qu’il considère comme un nouvel eldorado. Il navigue vers Rio pour tenter de rejoindre la communauté des dockers, mais échoue.

Après son arrivée à Salvador de Bahia, il voyage vers le nord jusqu’à Belém, où il trouve du travail comme chauffeur de camion. Un chapitre passionnant de sa vie se déroule en Amazonie : la chaleur, le danger des routes, la vexation des camions. Après avoir passé un an et demi au Brésil, il reviendra en France en passant par les Caraïbes, l’Amérique Centrale et l’Amérique du Nord.

Virginie Lavilliers

Mais une fois sur place, il constate que l’armée française ne l’a pas oublié. Elle le voit comme un candidat naturel : un bataillon discipliné en Allemagne et un bastion à Metz, en Lorraine. A l’automne 1967, il se rend à Paris et se lance dans une carrière de chanteur de cabaret. ’68 Mai ETA.

Il évite les discours prononcés à l’Université de la Sorbonne à Paris en faveur de chanter en province dans des usines désœuvrées. Puis, découragé par June, il part se reposer dans les îles britanniques. A la fin de l’année, il devient papa d’une petite fille prénommée Anne-Laure. Après un bref séjour à Marseille, lui et sa seconde épouse Evelyne, fidèle à sa vocation artistique, reviennent à Paris.

“Les Poètes” de l’année 1972

En juin 1971, Bernard Lavilliers fait ses débuts de chanteur au Discophage, un cabaret brésilien de la capitale. En octobre, il signe un accord avec Francis Dreyfus, le nouveau patron du label Motors. En 1972 (l’année de la naissance de sa deuxième fille, Virginie), sort un disque intitulé “Les poètes”.

En ce moment, il fait de nombreux concerts avec une seule guitare. Il oscille encore entre les styles acoustiques et électroniques que les groupes anglo-saxons développent depuis des décennies, comme tous les chanteurs de sa génération. Léo Ferré est toujours l’auteur vers lequel elle se tourne pour obtenir des conseils de mots.

L’Amérique latine est l’endroit où vous trouverez la meilleure musique. En 1975, avec la sortie de leur troisième album, “Le Stéfanois”, le groupe entame son évolution musicale. La chanson en samba “San Salvador” de l’album revient, ajoutant à la légende du chanteur-voyageur-aventurier. Sa femme, Evelyne, a un fils, Guillaume, cette année-là.

Lavilliers gagne enfin en notoriété et se produit régulièrement. De plus, il signe un nouveau contrat d’enregistrement avec Barclay, changeant de maison de disques. Après la sortie de “Barbares” en novembre 1976, il fait ses débuts sur la scène parisienne du Théâtre de la Ville. Ce disque lance officiellement l’artiste sur la scène rock. Il fait allusion à la drogue, à la « zone », à la pauvreté et à l’influence corruptrice de l’argent et du pouvoir.

Cet artiste socialement conscient déchire la société pour ce qu’elle est vraiment. A partir de ce moment, la réalisation est assurée. Le 15e Round est l’album léché de Bernard Lavilliers de 1977. C’est “la première fois qu’il y a un son de groupe”, dit-il lui-même. Musicalement, il devient vite un véritable manifeste de jeunesse pour toute la population. L’album est autobiographique à bien des égards, et la chanson “Juke Box” a été un tube en France.

L’année 1978 “T’es vivant…?”

En octobre 1977, il fait ses débuts de chanteur à l’Olympia. Un véritable suaccès, il revient en France pour une semaine en mars 1978. Le titre de l’enregistrement public est “T’es vivant…?” L’attention du public et des médias a été attirée sur la sortie prochaine de “Pouvoirs” en 1979 en raison de la récente montée en puissance de l’artiste.

Cet album concept, qui s’ouvre sur une chanson qui dure presque vingt minutes, ne marche pas si bien. Malgré cela, le public est impatient de voir la suite de la tournée, jusqu’aux concerts de mars à l’Hippodrome de Pantin, qui rassemblent au total environ 6 000 personnes en cinq nuits.

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